29/05/2014 11:12 par primumviveredeindephilosophari

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29/05/2014 11:09 par primumviveredeindephilosophari

 

Par-delà je m'avance,

Et c'est chaque souffrance

 

Qui me sera un jour

Un aiguillon de volupté

 

Quelques moments encore je serai délivré-

Ivre, je m'étendrai

Dans le sein de l'Amour.

D'une vie infinie

La vague forte monte en moi

Tandis que je demeure

Du regard attaché à toi

Là-bas dans tes profondeurs.

 

Car sur ce tertre, ici,

Tout ton lustre s'efface:

C'est une ombre qui ceint

D'une couronne de fraîcheur

Mon front.

Ma Bien-Aimée, que ton aspiration

Oh! puissante m'attire

Que j'aille m'endormir

Et que je puisse aimer!

Cette jouvence de la Mort

Je la ressens déjà,

Tout mon sang se métamorphose

Baume et souffle éthéré.

 

Vivant au long des jours je vais

Plein de foi et d'ardeur;

Avec les nuits je meure

En un embrasement sacré.

 

 

 

Novalis.


27/05/2014 12:22 par primumviveredeindephilosophari

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Photographies by Richard Heeks.


27/05/2014 12:21 par primumviveredeindephilosophari

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27/05/2014 12:14 par primumviveredeindephilosophari

 

La terre... Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons durant toute notre vie, quand nous ne sommes pas confinés dans des agglomérations hors sol qui nous la rendent encore plus étrangère? La terre nourricière est parmi les quatre éléments majeurs celui qui n'a pas existé dès l'origine. Il a fallu des millénaires pour que la mince couche de terre arable d'une vingtaine de centimètres à laquelle nous devons la vie puisse se constituer. Univers silencieux d'une extrême complexité, siège d'une activité intense générée par des micro-organismes, levures, champignons, vers de terre, etc., elle est régie par une sorte d'intelligence mystérieuse et immanente. C'est dans ce monde discret que s'elaborent, comme dans un estomac, les substances qui permettront aux végétaux de se nourrir, de s'épanouir pour se reproduire, et c'est aux végétaux que les humains et les animaux doivent leur propre survie. Il est donc urgent de reconnaître que la dénomination "terre-mère" n'est pas une métaphore symbolique ou poétique, mais une évidence objective. Ainsi s'est établie une logique extraordinaire fondée sur la cohésion du vivant. La terre, le végétal, l'animal et l'humain sont de cette manière unis et indissociables. Prétendre nous abstraire de cette logique, la dominer ou la transgresser impunément est une dangereuse illusion.

Avec l'ère de la technoscience, de la productivité et de la marchandisation sans limite, l'on ne voit plus dans la terre et les végétaux qu'une source de profit financier. Ce pillage du bien commun de l'humanité est représentatif d'une civilisation qui a donné à la matière minérale, au lucre* et à l'avidité humaine les pleins pouvoirs sur le Vivant et les vivants que nous sommes. Notre lien à la terre est si intime, si vital, que rien ne peut le résilier. La conscience et l'entendement devraient permettre à l'humain de comprendre, de ressentir, de s'enchanter de cet ordre et donc de le respecter et d'en prendre soin avec humilité et compassion. [...] Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'aux tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences.

Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées. La terre recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus: la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l'espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de Vie sont infinies.

 

 

 

Pierre Rabhi.

*lucre: profit recherché avec avidité.