08/08/2015 12:08 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

 

 

 

 

El nino pequeninho tem medo de dormir, 
el nino pequeninho tem medo de dormir.
Mama esta no campo na faena da abril, 
mama esta no campo na faena da abril 
Nino pequeninho quem va-te cuidar?,
nino pequeninho quem va-te cuidar?
Papa esta na guerra de otro lado mar, 
papa esta na guerra de otro lado mar. 
Nino pequeninho agora eu vou a meçer,
nino pequeninho agora vai tu crescer.
Porque á cama grande la vai a proteger
porque á cama grande la vai a proteger.
Nino pequeninho é hora de sonhar
Nino pequeninho é hora de sonhar
Vai a sonhar o campo,
vai a sonhar o mar ..
Nino pequeninho é hora de viajar,
nino pequeninho é hora de viajar.
porque á cama grande la vai arropar,
porque á cama grande la vai a proteger.


08/08/2015 12:06 par primumviveredeindephilosophari

  • 08/08/2015 12:06 par primumviveredeindephilosophari

 

 

Pablo Picasso, child with dove, 1901.


08/08/2015 12:05 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

Cette chanson t'enveloppera dans sa musique 
mon fils, comme une chaude accolade d'amour, 
Ma chanson arrosera ton front 
comme le baiser avec lequel je t'ai béni.
 
Quand la solitude te rend dolent, 
cette chanson, la mienne, sera à tes côtés, 
murmurant à ton oreille; 
quand une multitude te cernera, 
elle te protégera sans t'étouffer.
 
Ma chanson donnera des ailes à tes songes et conduira 
ton coeur jusqu'à la frontière du mystère. 
Quand la nuit obscurcira ton chemin, 
elle te guidera comme la plus fiable étoile.
 
Ma chanson brillera dans tes yeux 
elle élèvera ton regard jusqu'à l'essence de tout. 
Et quand la mort rendra ma voix au silence, 
ma chanson te parlera, mon fils, 
du plus profond de ton coeur.
 
 
~
 
 
 
Esta canción te envolverá en su música,
hijo mío, como un cálido abrazo de amor.
Mi canción rozará tu frente 
como el beso con el que te bendigo.
 
Cuando te duela la soledad,
esta canción mía estará a tu lado, 
susurrándote al oído;
cuando una multitud te rodee,
te protegerá sin sofocarte.
 
Mi canción dará alas a tus sueños y conducirá
tu corazón hasta la frontera del misterio.
Cuando la noche oscurezca tu camino,
te guiará como la estrella más confiable.
 
Mi canción brillará en tus ojos 
y llevará tu mirada hasta la esencia de todo. 
Y cuando la muerte silencie mi voz,
mi canción te hablará, hijo mío,
desde lo más profundo de tu corazón.
 
 
 
 
 
Rabindranath Tagore, Chanson pour mon fils.


08/08/2015 12:04 par primumviveredeindephilosophari

  • 08/08/2015 12:04 par primumviveredeindephilosophari

 

Gabriel Cornelius von Max. Detail from Findelkind, 1880.


27/07/2015 18:57 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

Georg Philipp Telemann


27/07/2015 18:56 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

Le père, venu rendre visite à son fils, est sur le départ. Ils echangent quelques derniers propos.
 
 
 
- Mais tout de même, tu ne crains pas qu'un jour les minutes te semblent un peu longues, papa?
- Je ne le crains pas, je le souhaite! Je veux que ça dure longtemps, je veux que ça n'en finisse pas.
- Ah mon Dieu, ah ça! Mais tu es donc heureux?
- Oui.
- Vraiment?
- Mais oui!
- Tu es heureux, ah par exemple! Et pourtant, je te demande pardon de te dire ça, mais enfin tu vis d'une façon exclusivement materielle.
- Peut-être.
- Tu ne crois à rien.
- A rien du tout.
- L'honnêteté, la droiture, le devoir... tout ça...
- Quand les autres y croiront je ferai ce que j'ai à faire. Je ne suis pas là pour donner l'exemple.
- Si tout le monde disait ça...
- Mais tout le monde le dit.
- Tu ne crois pas au progrès non plus, n'est-ce pas?
- Oh non, et en rien!
- La justice n'en parlons même pas, houlala... oh oui... mais l'amour?
- Les femmes?
- L'amour quoi.
- Oui mais l'amour malheureusement pour nous c'est les femmes.
- Bon, et bien les femmes?
- Ah c'est joli.
- Ah!
- C'est très joli bien sûr.
- Mais, mais...
- Quels petits chameaux!
- Ah, pas toutes papa!
- Non! Je parle de celles qui sont jolies...
- Ah, ah, ah tu es terrible! Et bien, et la famille? Tu ne crois pas à la famille non plus, non?
- Non, non. Je crois qu'on peut s'aimer malgré qu'on soit de la même famille mais c'est tout. Oh, la famille... les soirées en famille, la vie de famille...ah!
- Et bien, et, et quand on est malade?
- Il ne faut pas être malade trop longtemps; et quand c'est la dernière maladie, il faut pas trop traîner, il faut y mettre une certaine discrétion.
- Oh, tais-toi! Ne dis pas ça! Mais alors papa, à ce compte là, qu'est-ce qu'il reste? Rien?
- Si, les amis.
- Ah, les amis. Tout de même!
- Oui, les amis! Faut pas en avoir besoin, mais c'est pas mal.
- Ah, tu es décourageant papa.
- Mais non. Ne vis donc pas d'illusions, c'est ça qui est bête. La réalité quelle qu'elle soit est bien plus belle que l'illusion.
- Tu en es sûr?
- Oh oui!
- Alors si on te proposait de recommencer ta vie...
- Et bien?
- Tu accepterais?
- Ah oui!
- Et tu recommencerais?
- Vingt fois!
- Ah mon Dieu! Et tu ferais les même choses?
- Non.
- Ah non? Qu'est-ce que tu ferais?
- Rien.
- Ah.
- Je ne ferai rien du tout pour être sûr de ne pas faire du mal. Comme le destin n'a cru devoir me donner ni un cerveau créateur ni une âme d'apôtre, je ne ferai rien du tout. Je me contenterais d'admirer les actions des autres, et je vivrais pour moi, pour mon plaisir sans m'occuper de personne!
- Mais c'est abominable ce que tu dis là.
- Tu n'as qu'à faire le contraire si tu trouves ça abominable.
- Et l'idée, l'idée de faire du bien autour de toi ne te viendrait pas, non?
- Si, peut-être. Je ne sais pas. Je ferais ce que je voudrais, ce que j'aurais envie de faire. Tant mieux si c'est du bien. Je ne me forcerais pas, comprends-tu?
- Oui.
- Quand tu auras mon âge, tu t'apercevras que tu n'étais pas fait pour la plupart des choses que tu te seras cru obligé de faire pendant toute ta vie! Et puis, que tu le veuilles ou non, crois-mois, dans une vingtaine d'années tu diras, en faisant comme ça avec tes mains, "Non, ne m'ennuyez pas, laissez-moi passer, fichez-moi bien la paix!"
  Tu as l'âge que tu as et tu vas être malheureux. Tu peux vraiment faire le malin. Si tu savais ce que c'est que d'avoir TON âge...( il le prend par l'épaule)... Il faut sans doute l'avoir au moins deux fois pour comprendre...
- Quoi, quoi? Qu'est-ce que tu allais dire?
- Non, non, non.
- Tu allais dire quelque chose.
- Non, non. L'expérience des autres ne sert à personne. Et pourtant si tu savais comme l'on a besoin de peu de choses pour être heureux. (Il regarde sa montre). Sept heures, je me sauve!Tu m'excuseras auprès de ta femme.
- Oui, oui, oui.
- Au revoir
- Au revoir papa.
- Dire que j'ai été comme toi; et que tu seras comme moi!
 Mon père avait raison, et comme je voudrais pouvoir te donner comme il me l'avait donné lui-même, la confiance sans limite que l'on doit à la vie!
 
Il l'embrasse.
 
 
 
 
 
Sacha Guitry, Mon père avait raison.
 
 
 
 


27/07/2015 18:54 par primumviveredeindephilosophari

  • 27/07/2015 18:54 par primumviveredeindephilosophari


20/07/2015 18:39 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

Décidément, les femmes étaient meilleures que les hommes. Elles étaient plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes et plus douces ; moins portées à la violence, à l'égoïsme, à l'affirmation de soi, à la cruauté. Elles étaient en outre plus raisonnables, plus intelligentes et plus travailleuses.

 
 
 
 
Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, Extrait.


20/07/2015 18:38 par primumviveredeindephilosophari

  • 20/07/2015 18:38 par primumviveredeindephilosophari

 

 

Vincent Van Gogh.


20/07/2015 18:37 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

Nous avons traversé fatigues et désirs
Sans retrouver le goût des rêves de l'enfance,
Il n'y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.
 
 
 
 
Michel Houellebecq, Non réconcilié : Anthologie personnelle 1991-2013, Extrait.