01/11/2015 11:41 par primumviveredeindephilosophari

 

 

Je ne t'aime pas comme rose de sel, ni topaze
Ni comme flèche d’oeillets propageant le feu :
Je t’aime comme l’on aime certaines choses obscures,
De façon secrète, entre l’ombre et l’âme.
 
 
Je t’aime comme la plante qui ne fleurit pas
Et porte en soi, cachée, la lumière de ces fleurs,
Et grâce à ton amour dans mon corps vit l’arôme
Obscur et concentré montant de la terre.
 
 
Je t’aime sans savoir comment, ni quand, ni d’où,
Je t’aime directement sans problèmes ni orgueil :
Je t’aime ainsi car je ne sais aimer autrement,
 
 
Si ce n’est de cette façon sans être ni toi ni moi,
Aussi près que ta main sur ma poitrine est la mienne,
Aussi près que tes yeux se ferment sur mon rêve.
 
 
 
~                 
 
 
 
No te amo como si fueras rosa de sal,topacio
o flecha de claveles que propagan el fuego:
te amo como se aman ciertas cosas oscuras,
secretamente, entre la sombra y el alma.
 
 
Te amo como la planta que no florece y lleva
dentro de sí, escondida, la luz de aquellas flores,
y gracias a tu amor vive oscuro en mi cuerpo
el apretado aroma que ascendió de la tierra.
 
 
Te amo sin saber cómo, ni cuándo, ni de dónde,
te amo directamente sin problemas ni orgullo:
así te amo porque no sé amar de otra manera, .
 
 
sino así de este modo en que no soy ni eres,
tan cerca que tu mano sobre mi pecho es mía,
tan cerca que se cierran tus ojos con mi sueño.
 
 
 
Pablo Neruda, Sonnet XVII.


01/11/2015 11:39 par primumviveredeindephilosophari

  • 01/11/2015 11:39 par primumviveredeindephilosophari

Alfons Mucha.


01/11/2015 11:38 par primumviveredeindephilosophari

 

 

Tu nommes l'arbre, fillette
Et l'arbre croît, lent et plein
noyant les airs.
vert éblouissement,
jusqu'à ce que vert soit notre regard.
 
Tu nommes le ciel, fillette
Et le ciel bleu, le nuage blanc,
la lumière du matin,
se logent dans le coeur
jusqu'à devenir ciel et transparence.
 
Tu nommes l'eau, fillette
Et l'eau jaillit, je ne sais où,
elle baigne la terre noire,
reverdit la fleur, brille sur les feuilles
et nous change en humides vapeurs.
 
Tu ne dis rien, fillette
Et naît du silence
la vie dans une vague
de jaune musique;
sa houle dorée
nous élève vers des plénitudes,
nous rend à nous-mêmes, égarés.
 
Fillette qui me soulève et me ressuscite
Vague sans fin, sans limites, éternelle !
 
 
~
 
 
Nombras el árbol, niña.
Y el árbol crece, lento,
alto deslumbramiento,
hasta volvernos verde la mirada.
 
Nombras el cielo, niña.
Y la nubes pelean con el viento
y el espacio se vuelve
un transparente campo de batalla.
 
Nombras el agua, niña.
Y el agua brota, no sé dónde,
brilla en las hojas, habla entre las piedras
y en húmedos vapores nos convierte.
 
No dices nada, niña.
Y la ola amarilla;
la marea del sol,
en su cresta nos alza,
en los cuatro horizontes nos dispersa
y nos devuelve, intactos,
en el centro del día, a ser nosotros.
 
 
 
¡Niña que me levanta y resucita!
¡Ola sin fin, sin límites, eterna!
 
 
 
Octavio Paz.


01/11/2015 11:37 par primumviveredeindephilosophari

  • 01/11/2015 11:37 par primumviveredeindephilosophari

Alphonse Mucha, Mélancolie, 1897.


23/10/2015 22:28 par primumviveredeindephilosophari

  • 23/10/2015 22:28 par primumviveredeindephilosophari


23/10/2015 22:28 par primumviveredeindephilosophari

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23/10/2015 22:27 par primumviveredeindephilosophari

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23/10/2015 22:26 par primumviveredeindephilosophari

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