07/12/2015 16:40 par primumviveredeindephilosophari

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07/12/2015 16:39 par primumviveredeindephilosophari

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07/12/2015 16:26 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

 

Qui voyage au loin verra plus d'une fois des choses 
Très éloignées de ce qu'il tenait pour vérité. 
S'il les raconte ensuite dans ses prairies natales, 
On se moquera souvent de lui, le traitant de menteur, 
Car la foule bornée refusera de croire 
Ce qu'elle n'aura pas vu de ses propres yeux. 
L'inexpérience, je l'imagine sans peine, 
Accordera fort peu de créance à mon chant.
 
 
 
 
Hermann Hesse, Le voyage en orient, Extrait.


05/12/2015 13:05 par primumviveredeindephilosophari

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Odilon Redon, Orchids, 1912.


05/12/2015 13:04 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

 

Jeune homme, la nature n'est pas effrayante, c'est l'homme qui est effrayant ! Il te suffira de te familiariser avec la nature et elle se rapprochera de toi. L'homme, lui, s'il est intelligent bien-sûr, est capable de tout inventer, depuis les calomnies jusqu'aux bébés-éprouvettes, mais en même temps, il extermine chaque jour deux ou trois espèces dans le monde. Voilà la supercherie humaine.
 
 
~
 
 
Ici, ni lichens, ni bosquets de bambous-flèches, ni buissons, les larges espaces entre les arbres rendent la forêt plus claire et la vue porte loin. Et, au loin, une azalée d'une blancheur immaculée, élancée et pleine de grâce, provoque un irrépressible enthousiasme par son extraordinaire pureté. Elle grossit au fur et à mesure que j'approche. Elle porte de grosses touffes de fleurs aux pétales encore plus épais que ceux de l'azalée rouge que j'ai vue plus bas. Des pétales d'un blanc pur qui n'arrivent pas à se faner jonchent le sol au pied de l'arbre. Sa force vitale est immense, elle exprime un irrésistible désir de s'exposer, sans contrepartie, sans but, sans recourir au symbole ni à la métaphore, sans faire de rapprochement forcé ni d'association d'idées : c'est la beauté naturelle à l'état pur.
Blanches comme la neige, luisantes comme le jade, les azalées se succèdent de loin en loin, isolées, fondues dans la forêt de sapins élancés, tels d'insaisissables oiseaux invisibles qui attirent toujours plus loin l'âme des hommes.
 
 
 
 
Gao Xingjian, La montagne de l'âme, Extraits.


05/12/2015 13:02 par primumviveredeindephilosophari

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05/12/2015 13:01 par primumviveredeindephilosophari

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