07/12/2015 16:50 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

 
Merveilleuse nuit sur l'Atlantique. Cette heure qui va du soleil disparu à la lune à peine naissante, de l'ouest encore lumineux à l'est déjà sombre. Oui, j'ai beaucoup aimé la mer - cette immensité calme - ces sillages recouverts - ces routes liquides. Pour la première fois un horizon à la mesure d'une respiration d'homme, un espace aussi grand que son audace. J'ai toujours été déchiré entre mon appétit des êtres, la vanité de l'agitation et le désir de me rendre égal à ces mers d'oubli, à ces silences démesurés qui sont comme l'enchantement de la mort. J'ai le goût des vanités du monde, de mes semblables, des visages, mais à côté du siècle, j'ai une règle à moi qui est la mer et tout ce qui dans ce monde lui ressemble. O douceur des nuits où toutes les étoiles oscillent et glissent au-dessus des mâts, et ce silence en moi, ce silence enfin qui me délivre de tout.
 
 
 
 
Albert Camus, Journaux de voyage, Extrait.


07/12/2015 16:49 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:49 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:48 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:48 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:48 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:48 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:47 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:47 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:47 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:47 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:47 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:47 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:46 par primumviveredeindephilosophari

 

 

 

 

 
Il n'est qu'un luxe véritable, et c'est celui des relations humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre.
Si je cherche dans mes souvenirs ceux qui m'ont laissé un goût durable, si je fais le bilan des heures qui ont compté, à coup sûr, je retrouve celles que nulle fortune ne m'eût procurées. On n'achète pas l'amitié d'un Mermoz, d'un compagnon que les épreuves vécues ensemble ont lié à nous pour toujours.
 
 
 
 
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes, Extrait.


07/12/2015 16:45 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:45 par primumviveredeindephilosophari


07/12/2015 16:45 par primumviveredeindephilosophari

  • 07/12/2015 16:45 par primumviveredeindephilosophari