23/12/2015 22:23 par primumviveredeindephilosophari
23/12/2015 22:25 par primumviveredeindephilosophari
Cherche à être aimé de tous les gens de bien: on n'a pas à craindre alors que tu aies trop d'amis ou que je t'impose une charge trop lourde. Ainsi, je l'affirme, si tu te fais des amis de tous les gens de bien, ils seront peu nombreux.
«Qui dit cela?» demandes-tu. Qu'importe? Si tu approuves le dire, pourquoi en cherches-tu l'auteur? Tout ce qui est vrai, comme le dit Augustin, est vrai de par la vérité. C'est moi qui l'affirme. Est-ce que par hasard tu le nies? L'expérience, qui n'a pas l'habitude de mentir, le dit; la vérité, qui ne peut mentir, le dit. Si tu désires connaître l'homme qui l'a écrit, c'est Juvénal, expert en ces matières et fin connaisseur de l'âme humaine. Si tu n'as pas confiance en lui, écoutes-en un autre par la bouche duquel parle Celui qui non seulement connaît, mais a aussi créé les hommes. Que dit-il donc? «Il n'en est pas un qui fasse le bien, non, pas un seul». Le poète dit «quelques-uns», le prophète «aucun»; et chacun à sa façon avec beaucoup de justesse. Mais toi, puisqu'il ne faut pas désespérer de pouvoir trouver quelques hommes de bien - car si nous commençons à désespérer de tout, nous en viendrons nécessairement à désespérer de nous-mêmes -, pense que certains sont non seulement bons, mais aussi excellents, et, pour accorder ces opinions divergentes, écoute Horace qui se prononce à la façon d'un arbitre
Il en est ainsi assurément, même si les stoïciens s'y opposent, eux qui promettent d'arracher de l'âme toute maladie jusqu'à la racine. Ils seraient certes des médecins tout à fait dignes de louange si seulement ils arrivaient à tenir leur promesse. Mais dans la vie humaine, où nous devons choisir nos amitiés, on ne découvre en fait personne, si tranquille et serein qu'on voudra, qui ne soit troublé, du moins parfois, par de légères perturbations et ne soit agité par les tourbillons de la passion. D'ailleurs, comme un navire équipé, il sera balloté sur la haute mer mais ne sombrera pas. Pour le navire comme pour lui, ce sera un titre de gloire remarquable. Il arrive ainsi - ce qui ne plaît pas aux stoïciens - que dans cette vie, où nous savons qu'il n'y a rien de parfait, une maladie légère et curable tienne lieu de santé. Donc, pour revenir à notre discussion, parmi cette sorte d'hommes, non pas ceux qui n'ont aucun vice, mais ceux dont les vices le cèdent aux vertus - et tu apprendras qu'ils sont eux-mêmes très rares -, fais-toi des amis par tous les moyens possibles; or il n'y a pas de meilleurs moyens pour réussir que l'imitation des moeurs et l'affinité de goût. Mais au rebours, pour les méchants, dont la multitude est innombrable, ne sois ni un ami ni un ennemi; mieux encore, ne sois même pas connu d'eux [...].
Pétrarque, Epistevla familiaris, III, 15 À UN AMI QUERELLEUR.DE MÊME QU'ON DOIT RECHERCHER L'AMITIÉ DES GENS DE BIEN, DE MÊME ON DOIT ÉVITER L'INIMITIÉ DES MÉCHANTS.
23/12/2015 22:23 par primumviveredeindephilosophari
Murano.
23/12/2015 22:23 par primumviveredeindephilosophari
23/12/2015 22:22 par primumviveredeindephilosophari
23/12/2015 22:22 par primumviveredeindephilosophari
23/12/2015 22:21 par primumviveredeindephilosophari
23/12/2015 22:20 par primumviveredeindephilosophari
Si ce n’est pas de l’amour, qu’est-ce donc que je ressens?
Mais si c’est de l’amour, pardieu, quelle chose est-ce?
Si elle est bonne, d’où vient cet effet âpre et mortel?
Si elle est mauvaise, d’où vient que chaque tourment est si doux?
Si je brûle parce que je le veux, pourquoi ces pleurs et ces lamentations?
Si c’est contre mon gré, à quoi sert de me plaindre?
Oh mort vivante, oh mal délectable
Comment as-tu tant de pouvoir sur moi, si je ne le permets pas?
Et si je le permets, c’est à grand tort que je me plains.
Par des vents si contraires dans une frêle barque
Je me trouve en haute mer sans gouvernail,
Si légère de savoir, si chargée d’erreur
Que je ne sais moi-même ce que je veux pour moi
Je tremble en plein été, et je brûle en hiver.
~
S’amor non è, che dunque è quel ch’io sento?
Ma s’egli è amor, perdio, che cosa et quale?
Se bona, onde l’effecto aspro mortale?
Se ria, onde sì dolce ogni tormento?
S’a mia voglia ardo, onde ‘l pianto e lamento?
S’a mal mio grado, il lamentar che vale?
O viva morte, o dilectoso male
Come puoi tanto in me, s’io nol consento?
Et s’io ‘l consento, a gran torto mi doglio.
Fra sì contrari vènti in frale barca
Mi trovo in alto mar senza governo,
Sì lieve di saver, d’error sì carca
Ch’i’ medesmo non so quel ch’io mi voglio
E tremo a mezza state, ardendo il verno.
Francesco Petrarca (1304-1374), Canzoniere, Sonnet 133.
23/12/2015 22:19 par primumviveredeindephilosophari
Murano glasses.
