25/08/2013 17:43 par primumviveredeindephilosophari
26/08/2013 12:37 par primumviveredeindephilosophari
Ce n'est pas celui qui critique qui est important, ni celui qui montre du doigt comment l'homme fort trébuche ou comment l'homme d'action aurait pu faire mieux.
L'hommage est dû à celui ou à celle qui se bat dans l'arène, dont le visage est couvert de poussière et de sueur, qui va de l'avant vaillamment, qui commet des erreurs et en commettra encore, car il n'y a pas d'efforts humains sans erreurs et imperfections. C'est à lui ou à elle qu'appartient l'hommage, à celui ou à celle dont l'enthousiasme et la dévotion sont grands, à celui ou à celle qui se consume pour une cause importante, à celui ou à celle qui, au mieux, connaîtra le triomphe du succès, et au pis, s'il échoue, saura qu'il a échoué alors qu'il risquait courageusement.
C'est pourquoi la place de cet homme ou de cette femme ne sera jamais avec ces âmes tièdes et timides qui ne connaissent ni la victoire ni la défaite.
Mahatma K. Gandhi,La mesure de l'homme.
25/08/2013 17:43 par primumviveredeindephilosophari
Je n'oublie jamais un visage, mais pour vous, je ferai une exception.
Groucho Marx.
25/08/2013 17:37 par primumviveredeindephilosophari
Quand on est plus de quatre on est une bande de cons. A fortiori moins de deux, c'est l'idéal.
Pierre Desproges.
25/08/2013 17:34 par primumviveredeindephilosophari
Sculpture d'Alberto Giacometti.
25/08/2013 17:27 par primumviveredeindephilosophari
25/08/2013 16:27 par primumviveredeindephilosophari
Mais avant d’aller plus loin, je veux vous présenter Clara Fistule… Justement, voici un portrait de lui, que je retrouve dans mes notes.
« Aujourd’hui, reçu la visite de Clara Fistule.
« Clara Fistule n’est pas une femme, ainsi que vous pourriez le croire au féminisme de son prénom. Ce n’est pas, non plus, tout à fait un homme ; c’est quelqu’un d’intermédiaire entre l’homme et le Dieu ; un interhomme, pourrait l’appeler Nietzsche. Poète, cela va sans dire. Mais il n’est pas que poète, il est sculpteur, musicien, philosophe, peintre, architecte, il est tout… « Je totalise en moi les multiples intellectualités de l’univers, déclare-t-il, mais c’est bien fatigant, et je commence à me lasser de porter tout seul le poids écrasant de mon génie ». Clara Fistule n’a pas encore dix-sept ans, et, ô prodige ! il est depuis longtemps déjà descendu au fond de toutes choses. Il sait le secret des sources et le mystère des abîmes. Abyssus abyssum fricat.
« Vous l’imaginez, sans doute, étrangement long et pâle, avec un front déformé par les secousses de la pensée, et des paupières brûlées par le rêve. Nullement : Clara Fistule est un gros, lourd et épais garçon, à forte carrure d’Auvergnat et dont les joues éclatent de santé rouge. Il ne se rend pas compte de la solidité matérielle de sa charpente et se croit volontiers « incorporel ». Bien qu’il prêche l’insexuat et qu’il aille partout clamant « l’horreur d’être un mâle » et « l’ordure d’être une femme », il engrosse clandestinement toutes les fruitières de son quartier.
« Vous avez certainement rencontré, aux expositions de peinture, à la Bodinière et à l’Œuvre, un être revêtu d’une longue redingote-gaine couleur gris perle, la poitrine serrée dans un gilet de peluche cuivre, et le chef aux longs cheveux plats, coiffé d’un large chapeau de feutre noir, d’un chapeau presbytérien sur lequel s’enroule une cordelette serpent à sept glands, en souvenir des sept douleurs de la femme. C’est Clara Fistule. Comme vous le voyez, tout cela ne s’accorde pas très bien. Mais il ne faut pas demander de la logique aux génies de dix-sept ans qui ont tout vu, tout senti, tout compris.
« Je reçus Clara Fistule dans mon cabinet de travail. Il commença d’abord par jeter un coup d’œil dédaigneux sur la décoration des murs, sur l’ingénieuse disposition de ma bibliothèque sur mes dessins… J’attendais un compliment.
» – Oh ! moi, fit-il, ces choses-là ne m’intéressent pas… Je ne vis que dans l’abstrait.
» – Vraiment ?… répondis-je un peu piqué… cela doit bien vous gêner quelquefois…
» – Nullement, cher monsieur. La matérialité des meubles, la grossièreté inadéquate des décors muraux, me fut toujours une blessure… Aussi, je suis arrivé à me libérer des contingences… je supprime l’ambiance… je biffe la matière… Mes meubles, mes murs, ne sont que des projections de moi-même… J’habite une maison qui n’est faite que de ma pensée et que, seuls, les rayonnements de mon âme décorent… Mais il ne s’agit pas de cela… Je suis venu pour des choses plus graves.
« Clara Fistule daigna pourtant s’asseoir sur le siège que je lui offrais, que je m’excusais de lui offrir, le sachant si peu en harmonie avec les irradiances de son derrière aérien.
» – Mon cher monsieur, me dit-il, après un geste de condescendance un peu hautaine, je suis l’inventeur d’un nouveau mode de reproduction humaine.
» – Ah !
» – Oui… Cela s’appelle la Stellogenèse… C’est un genre de conception qui me tient fort à cœur… Je ne puis me faire à l’idée que moi… Clara Fistule… je sois engendré de la bestialité d’un homme et des complaisances prostitutionnelles d’une femme… Aussi, je n’ai jamais voulu reconnaître pour tels les deux abjectes créatures que la loi civile appelle : mes parents.
» – Cela vous honore, approuvai-je…
» – N’est-ce pas ?… Voyons, cher monsieur, il n’est pas admissible qu’un être d’intelligence, comme je suis, qu’un être tout âme, comme je suis, qu’un être enfin assez supérieur pour n’avoir gardé du corps humain que les strictes apparences nécessaires, hélas ! à un état social aussi imparfait que le nôtre, il n’est pas admissible, dis-je, qu’un tel être soit sorti des organes hideux qui, pour être des instruments d’amour, n’en sont pas moins des vomitoires de déjections… Si j’étais certain d’avoir dû la vie à une telle combinaison d’horreurs, je ne voudrais pas survivre un seul instant à ce déshonneur originel… Mais je crois que je suis né d’une étoile…
» – Je le crois aussi…
» – Je le crois d’autant plus que, la nuit, quelquefois, dans ma chambre, je répands autour de moi une clarté singulière…
» – Mes compliments…
» – Eh bien, monsieur, pour en finir, une bonne fois, avec cette erreur physiologique de la reproduction de l’homme par l’homme… j’ai fait une œuvre extraordinaire et fulgurante que j’appelle Virtualités cosmogoniques… C’est, si j’ose dire, une trilogie à laquelle j’ai donné, afin de la rendre plus sensible, trois modes d’expression : la sculpture, la littérature et la musique… Par la sculpture, je montre, au moyen de lignes géométriques et de courbes paralléloïdes, la trajectoire de l’œuf stellaire au moment précis et formidable où, touché par le pollen tellurique, il éclate en forme humaine… Le livre est la paraphrase rythmée de cette plastique, et la musique en est la condensation… orchestrée ou l’orchestration condensée. Vous voyez que, différente par l’expression, cette œuvre est une par la conception et la continuité du symbole… Or, je ne trouve personne pour l’éditer. En autres termes… voulez-vous me prêter vingt francs ? »
Là finissent mes notes sur Clara Fistule.
À force de lui prêter vingt francs, qu’il ne me rendait jamais, nous étions devenus amis… Et puis, un beau jour, je n’avais plus entendu parler de lui…
Comment pouvait-il se faire qu’il fût tombé, d’un si haut rêve, dans une réalité aussi décriée ?
Octave Mirbeau, Les vingt et un jours d'un neurasthénique, Chapitre II, Extrait, 1901.
25/08/2013 16:20 par primumviveredeindephilosophari
25/08/2013 12:45 par primumviveredeindephilosophari
ALCESTE
Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
PHILINTE
Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie,
Il faut bien le payer de la même monnoie,
Répondre, comme on peut, à ses empressements,
Et rendre offre pour offre, et serments pour serments.
ALCESTE
Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode
Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode ;
Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d'embrassades frivoles,
Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles,
Qui de civilités avec tous font combat,
Et traitent du même air l'honnête homme, et le fat.
Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse ?
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu'au premier faquin, il court en faire autant ?
Non, non il n'est point d'âme un peu bien située
Qui veuille d'une estime ainsi prostituée ;
Et la plus glorieuse a des régals peu chers
Dès qu'on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers :
Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.
Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps,
Morbleu! vous n'êtes pas pour être de mes gens;
Je refuse d'un cœur la vaste complaisance
Qui ne fait de mérite aucune différence ;
Je veux qu'on me distingue; et, pour le trancher net,
L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.
PHILINTE
Mais, quand on est du monde. il faut bien que l'on rende
Quelques dehors civils que l'usage demande.
ALCESTE
Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
Ce commerce honteux de semblants d'amitié.
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments
Ne se masquent jamais sous de vains compliments.
MOLIÈRE, Le Misanthrope (1666), Acte I, scène 1.
25/08/2013 12:43 par primumviveredeindephilosophari
Pablo Picasso, head of a man in el greco style,1899.
25/08/2013 12:29 par primumviveredeindephilosophari
Homme est un mot qui ne caractérise
Qu'un animal, ainsi qu'ours et lion ;
Son naturel est erreur et sottise,
Malignité, superbe, ambition ;
Il naît et meurt ; et mort, on le méprise.
De son destin orgueilleux, on le voi
Fouler la terre en pays de conquête,
Que la raison a soumis à sa loi ;
Il n'est plus que la première bête
De ce séjour dont il se dit le Roi.
Maître du monde, esclave de lui-même,
Il creuse tout, et ne sait ce qu'il est ;
Son coeur, pétri d'orgueil et d'intérêt,
Craint ce qu'il hait, méprise ce qu'il aime.
Impudemment il appelle vertu
Le crime sourd d'un sophisme vêtu.
Son amour-propre inventa l'apparence ;
L'intérêt vil lui donna la prudence,
Et sa raison n'est qu'un noir composé
D'orgueil adroit, d'orgueil intéressé.
L'or animé dans ses veines palpite ;
L'or est son coeur ; c'est le Dieu qui l'agite ;
Sa voix le traîne au travers des dangers,
Pour s'engraisser sur des bords étrangers.
L'or inventa les Arts, l'Astronomie,
Et l'Avarice est mère du Génie.
Louis Antoine de Saint-Just, Homme est un mot...
