14/09/2013 18:36 par primumviveredeindephilosophari
14/09/2013 18:36 par primumviveredeindephilosophari
Salvador Dali.
14/09/2013 18:35 par primumviveredeindephilosophari
Si l’on pouvait seulement goûter son néant, si l’on pouvait se bien reposer dans son néant, et que ce néant ne soit pas une certaine sorte d’être mais ne soit pas la mort tout à fait.
Il est si dur de ne plus exister, de ne plus être dans quelque chose. La vraie douleur est de sentir en soi se déplacer sa pensée. Mais la pensée comme un point n’est certainement pas une souffrance.
J’en suis au point où je ne touche plus à la vie, mais avec en moi tous les appétits et la titillation insistante de l’être. Je n’ai plus qu’une occupation, me refaire.
Antonin Artaud, Si l’on pouvait seulement goûter son néant.
14/09/2013 18:34 par primumviveredeindephilosophari
Hand with reflecting sphere, Maurits Cornelis Escher.
14/09/2013 18:32 par primumviveredeindephilosophari
Il était très tôt le matin, les rues propres et désertes; je me rendais à la gare. Lorsque je comparai une horloge du beffroi avec ma propre montre, je vis qu’il était bien plus tard que je ne l’avais cru; il fallait vraiment que je me hâte; la terreur qui s’empara de moi à cette découverte me rendit indécis quant au chemin à prendre; je ne me retrouvais pas encore très bien dans cette ville; par chance, un sergent de ville se tenait non loin de là; je courus à lui et, hors d’haleine, lui demandai mon chemin. Il s’enquit, en souriant: "Tu veux que ce soit moi qui t’indique ton chemin?" "Oui, répondis-je, car je suis incapable de le trouver tout seul" "Renonces-y, renonces-y", me dit-il, avant de se retourner d’un bloc, comme font les gens qui veulent être seuls avec leur rire.
Franz Kafka, Ecrit en 1922, Publié dans Description d’un combat (Beschreibung eines Kampfes, 1936), Traduction de Catherine Billmann.
14/09/2013 18:30 par primumviveredeindephilosophari
Le Terrassier, Alfred Boucher.
14/09/2013 18:27 par primumviveredeindephilosophari
Le néant après la mort ? N‘est-ce pas l‘état auquel nous étions habitués avant la vie ?
Arthur Schopenhauer.
08/09/2013 12:29 par primumviveredeindephilosophari
Theo Van Rysselberghe
08/09/2013 12:28 par primumviveredeindephilosophari
Ton regard. Ta voix,
Tu parais.
Ton regard s’empare du mien,
M’enveloppe de silence de tendresse.
Ta voix garde l’empreinte,
De ce qui t’a meurtrie.
Et pourquoi naguère n’ai-je pas été là,
Pour empêcher que survienne,
L’épreuve qui t’a laissé cette fêlure.
Tu parais.
Mes cinq sens se mettent à l’affût,
Se tendent avidement vers ta bouche,
Tes seins tes flancs ,
Vers tes mains prometteuses.
C’est toi qui donnes sens et saveur,
A ma vie.
Et pourtant tu es ma blessure,
C’est toi qui me fais grandir.
Charles Juliet, Ton regard. Ta voix.
08/09/2013 12:19 par primumviveredeindephilosophari
08/09/2013 12:18 par primumviveredeindephilosophari
Regarde comme ils grandissent l’un vers l’autre :
dans leurs veines tout devient esprit.
Leurs corps tremblent comme des axes
autour desquels tournent chaleur et ardeur.
Des assoiffés, et on leur donne à boire,
Ouvre les yeux et regarde : on leur donne à voir.
Laisse-les sombrer l’un dans l’autre,
Pour se dépasser l’un l’autre.
Rainer Maria Rilke, Les amants.
