22/09/2013 18:02 par primumviveredeindephilosophari
22/09/2013 18:03 par primumviveredeindephilosophari
22/09/2013 18:02 par primumviveredeindephilosophari
Jan van EYCK.
22/09/2013 18:00 par primumviveredeindephilosophari
Rencontre
Passant mêle à ta vie l'orgueil et la bonté
Surmonte l'ennemi et bois à sa santé
Honore ton outil sans le laisser inerte
Brise-le par amour au moment de ta perte
Et méprise ceci Jouir sans en pleurer
La vigne sans ivresse et le champ sans ivraie.
Guillaume Apollinaire.
15/09/2013 20:30 par primumviveredeindephilosophari
15/09/2013 20:28 par primumviveredeindephilosophari
15/09/2013 20:27 par primumviveredeindephilosophari
15/09/2013 20:26 par primumviveredeindephilosophari
Il était un homme, une fois, qui n’ayant plus faim, plus jamais faim, tant il avait dévoré d’héritages, englouti d’aliments, appauvri son prochain, trouva sa table vide, son lit désert, sa femme grosse, et la terre mauvaise dans le champ de son coeur.
N’ayant pas de tombeau et se voulant en vie, n’ayant rien à donner et moins à recevoir, les objets le fuyant, les bêtes lui mentant, il vola la famine et s’en fit une assiette qui devint son miroir et sa propre déroute.
René Char, Le masque funèbre.
15/09/2013 20:26 par primumviveredeindephilosophari
15/09/2013 20:24 par primumviveredeindephilosophari
Au fond de toute beauté gît quelque chose d’inhumain et ces collines, la douceur du ciel, ces dessins d’arbres, voici qu’à la minute même, ils perdent le sens illusoire dont nous les revêtions, désormais plus lointains qu’un paradis perdu. L’hostilité primitive du monde, à travers les millénaires, remonte vers nous. Pour une seconde, nous ne le comprenons plus puisque pendant des siècles nous n’avons compris en lui que les figures et les dessins que préalablement nous y mettions, puisque désormais les forces nous manquent pour user de cet artifice. Le monde nous échappe puisqu’il redevient lui-même. Ces décors masqués par l’habitude redeviennent ce qu’ils sont. Ils s’éloignent de nous. De même qu’il est des jours où, sous le visage familier d’une femme, on retrouve comme une étrangère celle qu’on avait aimée il y a des mois ou des années, peut-être allons-nous désirer même ce qui nous rend soudain si seuls. Mais le temps n’est pas encore venu. Une seule chose : cette épaisseur et cette étrangeté du monde, c’est l’absurde.
Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.
