16/10/2013 16:27 par primumviveredeindephilosophari

 

 Suis ta destinée,
 Arrose les plantes,
 Aime les roses.
 Le reste est l’ombre
 D’arbres étrangers.

 La réalité
 Est toujours plus ou moins
 Que ce que nous voulons.
 Nous seuls sommes toujours
 Égaux à nous-mêmes.

 Vivre seul est doux,
 Vivre simplement,
 Toujours, est noble et grand,
 Sur les autels, en ex-voto
 Pour les dieux, laisse la douleur.

 Regarde la vie de loin.
 Ne l’interroge jamais.
 Elle ne peut rien
 Te dire. La réponse
 Est au-delà des dieux.

 Mais sereinement
 Imite l’Olympe
 Au fond de ton coeur.
 Les dieux sont dieux
 Parce qu’ils ne se pensent pas.

 


 ~

 


 Segue o teu destino,
 Rega as tuas plantas,
 Ama as tuas rosas.
 O resto é a sombra
 De árvores alheias.


 A realidade
 Sempre é mais ou menos
 Do que nós queremos.
 Só nós somos sempre
 Iguais a nós-próprios.


 Suave é viver só.
 Grande e nobre é sempre
 Viver simplesmente.
 Deixa a dor nas aras
 Como ex-voto aos deuses.


 Vê de longe a vida.
 Nunca a interrogues.
 Ela nada pode
 Dizer-te. A resposta
 Está além dos deuses.


 Mas serenamente
 Imita o Olimpo
 No teu coração.
 Os deuses são deuses
 Porque não se pensam.

 

 Ricardo Reis/Fernando Pessoa, Segue o teu Destino/Suis ta destinée,1916.


16/10/2013 16:26 par primumviveredeindephilosophari

  • 16/10/2013 16:26 par primumviveredeindephilosophari


16/10/2013 16:25 par primumviveredeindephilosophari

Tu vois, je veux beaucoup. Peut-être tout:
 L’obscurité des chutes infinies
 Et le jeu scintillant de toute remontée.


 Il en est tant qui vivent et ne veulent rien
 Et qui se sentent anoblis
 Par les sentiments lisses
 De leurs repas légers.


 Mais toi, tu aimes tout visage
 Qui sert et qui a soif.


 Tu aimes tous ceux qui se servent
 De toi ainsi que d’un outil.
 Tu n’es pas encor froid et il n’est pas trop tard
 Pour plonger dans le devenir
 De ton gouffre où paisible la vie se révèle.

 

 

 Rainer Maria Rilke, Le Livre des heures.


16/10/2013 16:22 par primumviveredeindephilosophari

  • 16/10/2013 16:22 par primumviveredeindephilosophari


16/10/2013 16:21 par primumviveredeindephilosophari

 Ce jour est un jour nouveau
 Il n’a jamais existé auparavant
 et n’existera plus jamais.
 Aussi emparez-vous de ce jour
 et faites-en une échelle

 pour atteindre les plus hauts sommets.
 Ne laissez pas le crépuscule vous trouver
 comme vous étiez à l’aurore.
 Faites de ce jour un jour unique, mémorable.
 Nourrissez-le, et, ce faisant, nourissez-vous vous-même.

 Ce jour est un cadeau du Ciel.
 Prenez-le entre vos mains avec un sentiment de ferveur.

 

 Swâmi Chidânanda.


16/10/2013 16:20 par primumviveredeindephilosophari

  • 16/10/2013 16:20 par primumviveredeindephilosophari


16/10/2013 16:19 par primumviveredeindephilosophari


Comme un mirage errant, je flotte et je voyage.
Coloré par l’aurore et le soir tour à tour,
Miroir aérien, je reflète au passage
Les sourires changeants du jour.

Le soleil me rencontre au bout de sa carrière
Couché sur l’horizon dont j’enflamme le bord ;
Dans mes flancs transparents le roi de la lumière
Lance en fuyant ses flèches d’or.

Quand la lune, écartant son cortège d’étoiles,
Jette un regard pensif sur le monde endormi,
Devant son front glacé je fais courir mes voiles,
Ou je les soulève à demi.

 


Louise Ackermann, Le nuage.


16/10/2013 16:18 par primumviveredeindephilosophari

  • 16/10/2013 16:18 par primumviveredeindephilosophari


15/10/2013 22:39 par primumviveredeindephilosophari

  • 15/10/2013 22:39 par primumviveredeindephilosophari

Jean Leon Gerome, Egyptian Water Carrier.


15/10/2013 22:38 par primumviveredeindephilosophari