05/11/2013 18:55 par primumviveredeindephilosophari
06/11/2013 21:47 par primumviveredeindephilosophari
« C'était risible et, en vérité, je riais seul, haletant un peu, appuyé contre un piquet de vigne, face aux pâles étendues de brume où des villages avec leurs églises, des routes et tous leurs peupliers avaient sombré. La lumière du couchant se frayait un difficile chemin jusqu'à ce monde enseveli. Je sentais, je voyais, je touchais mon crime. Il ne tenait pas tout entier dans ce hideux nid de vipères : haine de mes enfants, désir de vengeance, amour de l'argent; mais dans mon refus de chercher au-delà de ces vipères emmêlées. Je m'en étais tenu à ce noeud immonde comme s'il eut été mon coeur même, _ comme si les battements de ce coeur s'étaient confondus avec ces reptiles grouillants. Il ne m'avait pas suffi, au long d'un demi-siècle, de ne rien connaître en moi que ce qui n'était pas moi : j'en avais usé de même à l'égard des autres. De pauvres convoitises, sur la face de mes enfants, me fascinaient. La stupidité de Robert était ce qui m'apparaissait de lui, et je m'en tenais à cette apparence. Jamais l'aspect des autres ne s'offrit à moi comme ce qu'il faut crever, comme ce qu'il faut traverser pour les atteindre. C'était à trente ans, à quarante ans, que j'eusse dû faire cette découverte. Mais aujourd'hui, je suis un vieillard au coeur trop lent, et je regarde le dernier automne de ma vie endormir la vigne, l'engourdir de fumées et de rayons. Ceux que je devais aimer sont morts ; morts ceux qui auraient pu m'aimer. Et les survivants, je n'ai plus le temps, ni la force de tenter vers eux le voyage, de les redécouvrir. Il n'est rien en moi, jusqu'à ma voix, à mes gestes, à mon rire, qui n'appartienne au monstre que j'ai dressé contre le monde et à qui j'ai donné mon nom. »
François Mauriac, Le noeud de vipères, Extrait.
05/11/2013 18:56 par primumviveredeindephilosophari
05/11/2013 18:55 par primumviveredeindephilosophari
Nous sommes empoisonnés de religion.
Nous sommes habitués à voir des curés qui sont à guetter
la faiblesse et la souffrance humaines,
afin d'achever les mourants d'un coup de sermon
qui fera réfléchir les autres.
Je hais cette éloquence de croque-mort.
Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ;
répandre l'espoir, non la crainte ;
et cultiver en commun la joie, vrai trésor humain.
C'est le secret des grands sages, et ce sera la lumière de demain.
Les passions sont tristes. La haine est triste. La joie tuera les passions et la haine.
Mais commençons par nous dire que la tristesse n'est jamais ni noble, ni belle, ni utile.
Alain.
05/11/2013 18:55 par primumviveredeindephilosophari
03/11/2013 18:37 par primumviveredeindephilosophari
Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse.
Friedrich Nietzsche.
03/11/2013 18:36 par primumviveredeindephilosophari
Edgar Degas.
03/11/2013 18:35 par primumviveredeindephilosophari
La danse est la langue cachée de l'âme.
Martha Graham.
03/11/2013 18:34 par primumviveredeindephilosophari
03/11/2013 18:33 par primumviveredeindephilosophari
Ce n'est qu'en dansant que je sais dire les choses les plus sublimes.
Serge Lifar.
