10/11/2013 12:18 par primumviveredeindephilosophari
10/11/2013 12:19 par primumviveredeindephilosophari
" Dieu merci, je ne fais pas partie d’une cour et grâce à cela ne reçoit aucune injure
Comment aimer tel ou tel ignoble et lui attribuer le nom de Dieu
Jamais je n’ai été nourri par un tyran et aucun éloge je n’ai fait en son nom".
Attâr.
10/11/2013 12:18 par primumviveredeindephilosophari
10/11/2013 12:17 par primumviveredeindephilosophari
L'ESCLAVE RECONNAISSANT. (V. 2392.)
Un roi, bienveillant de son naturel, donna un jour un fruit à un de ses esclaves. Celui-ci se mit à manger ce fruit avec plaisir en disant qu'il n'avait jamais goûté un fruit plus délicieux. Ces paroles donnèrent au roi le désir d'en manger aussi, et il demanda à l'esclave de lui donner la moitié de ce fruit qu'il trouvait si excellent. Ce dernier remit donc au roi cette moitié, et, lorsque le monarque y eut goûté, il trouva ce fruit amer. Il fronça le sourcil, et exprima son étonnement de ce que son esclave avait trouvé douce une telle amertume. Mais cet esclave, qui était entré dans la voie du spiritualisme, lui répondit : « Sire, j'ai reçu de ta main des dons si nombreux, que je ne saurais refuser le fruit amer que tu me donnes. Si à chaque instant un trésor me parvient de ta main, pourquoi m'affligerais-je d'une seule amertume ? Puisque je suis comblé de tes bienfaits, pourquoi une amertume m'éloignerait-elle de toi ? » De même, ô serviteur de Dieu ! si tu éprouves de la peine dans la voie spirituelle, sois persuadé que c'est un trésor pour toi. La chose semble sens dessus dessous ; mais alors ne dois-tu pas agir comme cet esclave ? Quand est-ce que les gens expérimentés dans la voie spirituelle, qui marchent d'un pied ferme dans cette voie, ont goûté une bouchée des choses célestes sans qu'elle ait été teinte du sang du cœur ? Tant qu'on ne se sera pas assis pour manger à la fois le pain et le sel, on ne pourra rompre le pain seul sans une grande énergie.
Farid Al Din'Attar, La conférence des oiseaux, Extrait.
10/11/2013 12:15 par primumviveredeindephilosophari
10/11/2013 12:14 par primumviveredeindephilosophari
CHAPITRE XXXIX.
LA SECONDE VALLEE, OU VALLEE DE L'AMOUR (ISCHC). (V. 3313.)
« Après la première vallée (continua la huppe), celle de l'amour (ischc) se présente. Pour y entrer il faut se plonger tout à fait dans le feu ; que dis-je ? on doit être soi-même du feu, car autrement on ne pourrait y vivre. L'amant véritable doit être en effet pareil au feu ; il faut qu'il ait le visage enflammé ; qu'il soit brûlant et impétueux comme le feu. Pour aimer, il ne faut pas avoir d'arrière-pensée ; il faut être disposé à jeter volontiers dans le feu cent mondes ; il ne faut connaître ni la foi ni l'infidélité, n'avoir ni doute ni certitude. Dans ce chemin, il n'y a pas de différence entre le bien et le mal ; avec l'amour, ni le bien ni le mal n'existent plus.
« O toi qui vis dans l'insouciance ! ce discours ne saurait te toucher ; tu le repousses, tes dents ne peuvent y mordre. Celui qui agit loyalement joue argent comptant, il joue sa tête pour s'unir à son ami. Les autres se contenteront de la promesse qu'on leur fera pour demain; mais celui-là recevra la chose argent comptant. Si celui qui s'engage dans la voie spirituelle ne se consume pas lui-même en entier, comment pourra-t-il être délivré de la tristesse qui l'accable ? Tant que toute essence ne sera pas radicalement consumée, pourras-tu faire de ton cœur un électuaire de rubis et le vendre ? Le faucon est toujours en proie au feu de l'agitation tant qu'il n'arrive pas à son but. Si le poisson tombe de l'Océan sur la plage, il s'agite jusqu'à ce qu'il soit retourné dans l'eau. Dans cette vallée, l'amour est représenté par le feu, et sa fumée c'est la raison. Lorsque l'amour vient, la raison fuit au plus vite. La raison ne peut cohabiter avec la folie de l'amour ; l'amour n'a rien à faire avec la raison humaine. Si tu acquérais du monde invisible une vue réellement droite, tu pourrais alors seulement connaître la source de l'amour mystérieux que je t'annonce. L'existence de l'amour est peu à peu complètement détruite par l'ivresse même de l'amour. Si tu possédais la vue spirituelle (du monde invisible), les atomes du monde visible te seraient aussi dévoilés ; mais si tu regardes avec l'œil de l'intelligence (humaine), tu ne comprendras jamais comme il faut l'amour. Un homme éprouvé et libre peut seul ressentir cet amour spirituel. Or tu n'as pas l'expérience voulue, et d'ailleurs tu n'es pas réellement amoureux ; tu es mort ; comment serais-tu propre à l'amour ! Il faudrait que celui qui s'engage dans cette voie eût des milliers de cœurs vivants (par l'amour), afin de pouvoir à chaque instant les sacrifier par centaines. »
Farid Al Din'Attar, La conférence des oiseaux, La vallée de l'Amour, Extrait.
10/11/2013 12:12 par primumviveredeindephilosophari
10/11/2013 12:12 par primumviveredeindephilosophari
Il y a des gens
Qui ne comprennent rien à ce monde
C’est pourquoi
Leurs gestes sont confus et pleins d’effroi
Je connais des gens
Dont les yeux brillent d’une immense espérance
Débordant les confins du monde
Pour atteindre le jour et la nuit infinis
Il y a pourtant
Un étrange chagrin dans leurs yeux
Car
Ils ne comprendront rien à ce monde
Jusqu’à son dernier jour…
Bijan Jalâli.
10/11/2013 12:11 par primumviveredeindephilosophari
10/11/2013 12:10 par primumviveredeindephilosophari
Pendant que tu recherches les fautes de ton prochain, comment te réjouiras-tu de la beauté du monde invisible ?
Farid Al-Din 'Attar.
