12/11/2013 08:38 par primumviveredeindephilosophari

  • 12/11/2013 08:38 par primumviveredeindephilosophari


12/11/2013 08:37 par primumviveredeindephilosophari


Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses,
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.

J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne
Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité,
Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne
Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
Ayant pour toute joie et toute connaissance
Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
Ma vie a répandu des parfums et des chants,
Et mon coeur matineux est comme une corbeille
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète,
J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature.
Ah! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour,
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure
Que ne visitent pas la lumière et l'amour... 

 

 

Anna de Noailles, L'offrande à la nature.


12/11/2013 08:36 par primumviveredeindephilosophari

  • 12/11/2013 08:36 par primumviveredeindephilosophari


12/11/2013 08:35 par primumviveredeindephilosophari

Je t’ai rêvée en la naïveté des choses,
Et j’ai parlé de toi aux plus vieilles d’entre elles,
À des champs, à des blés, aux arbres, à des roses.
Elles n’en seront pas pourtant plus éternelles,
Mais d’elles ou de moi celui qui doit survivre
En gardera quelque douceur pour ses vieux jours...
Je m’en vais les quitter, puisque voici les givres.
Tu ne les connaîtras jamais... les temps sont courts...
Mais vous ne pouvez pas vous être indifférentes,
Simplement parce que je vous ai très aimées...
Ô les toutes petites et si vieilles plantes !
Moi qui ne me les suis jamais imaginées
Hors de leur sol natal, ce m’est un grand chagrin
De savoir qu’elles mourront sans t’avoir connue.
Elles ont des airs si résignés, si sereins
Et si tristes de ce que tu n’es pas venue !...
Que mon cœur soit pour toi le grand champ paternel,
Où si tu n’es pas née au moins tu dois mourir.
Que je te plante en moi, germe de toute rose,
Pour oublier que tu vécus ailleurs qu’en moi. — 
Et tu passeras moins qu’ont passé bien des choses. —

 


Henry Bataille, Confidence.


12/11/2013 08:35 par primumviveredeindephilosophari

  • 12/11/2013 08:35 par primumviveredeindephilosophari


12/11/2013 08:33 par primumviveredeindephilosophari

 
Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.
 
Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace.
 
Sentir, dans son cœur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
— S’élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.
 
Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise...
  

 


Anna de Noailles, La vie profonde.


12/11/2013 08:32 par primumviveredeindephilosophari

  • 12/11/2013 08:32 par primumviveredeindephilosophari


12/11/2013 08:31 par primumviveredeindephilosophari

«La Nature n'agit jamais pour une fin. Cet être éternel et infini que nous nommons Dieu ou Nature agit comme il existe, avec une égale nécessité. La nécessité qui le fait être est la même qui le fait agir».

 


Baruch Spinoza.


12/11/2013 08:30 par primumviveredeindephilosophari

  • 12/11/2013 08:30 par primumviveredeindephilosophari


10/11/2013 12:19 par primumviveredeindephilosophari

  • 10/11/2013 12:19 par primumviveredeindephilosophari