01/12/2013 16:19 par primumviveredeindephilosophari

  • 01/12/2013 16:19 par primumviveredeindephilosophari


01/12/2013 16:18 par primumviveredeindephilosophari


 Ah! s'il en est ainsi, je suis ton écolier, à tes systèmes je me livre,
 je ne veux rien sacrifier car, j'en conviens, c'est sottise de vivre
 au milieu des soupirs, des craintes, des remords,
 de renoncer enfin aux douceurs de la vie
 dans l'espérance ou plutôt la folie
 d'être heureux quand nous serons morts.

 

 

 Marquis de Sade, Ecrits de la Bastille, Extrait.


01/12/2013 16:17 par primumviveredeindephilosophari

  • 01/12/2013 16:17 par primumviveredeindephilosophari

Musée du Louvre.


01/12/2013 16:16 par primumviveredeindephilosophari


Elle entra, et passionnément, les yeux fermés à demi, elle unit ses lèvres aux miennes et nos langues se connurent... Jamais il n’y eut dans ma vie un baiser comme celui-là.

 

Elle était debout contre moi, toute en amour et consentante. Un de mes genoux, peu à peu, montait entre ses cuisses chaudes qui cédaient comme pour un amant.

 

Ma main rampante sur sa tunique cherchait à deviner le corps dérobé, qui tour à tour onduleux se pliait, ou cambré se raidissait avec des frémissements de la peau.

 

De ses yeux en délire elle désignait le lit ; mais nous n’avions pas le droit d’aimer avant la cérémonie des noces, et nous nous séparâmes brusquement.

 

 

Pierre Louÿs, Les chansons de Bilitis, Le désir, 1895.


01/12/2013 16:14 par primumviveredeindephilosophari

  • 01/12/2013 16:14 par primumviveredeindephilosophari

 René Magritte.


30/11/2013 19:06 par primumviveredeindephilosophari

  • 30/11/2013 19:06 par primumviveredeindephilosophari


30/11/2013 18:44 par primumviveredeindephilosophari


Il faut, avant d'entrer dans le récit lui-même, dire quelques mots de la vision du monde proposée par Michel Houellebecq. S’inspirant de l’œuvre d’Auguste Comte (qu’il cite abondamment dans Les Particules élémentaires), il présente l’histoire de l’humanité comme une évolution aboutissant à de vastes progrès scientifiques qui se doublent d’une prise de conscience de plus en plus aiguë de la misère de la condition humaine. Le libéralisme, idéologie permettant cette évolution, a comme conséquence, outre la concurrence généralisée dans le domaine économique, la transformation profonde des rapports humains. Auparavant régies par des règles traditionnelles, les relations entre les êtres humains, et en particulier les relations amoureuses et sexuelles, deviennent dans la société libérale un terrain de concurrence comme un autre. Reprenant l’idée marxiste de la lutte des classes, Houellebecq tente de l’appliquer aux rapports humains et de montrer que ce qui caractérise notre époque est une nouvelle forme de guerre régie par des lois comparables aux lois du marché, mais cette fois-ci dans le domaine des sentiments et de la beauté physique. C’est là ce qu’il nomme « l’extension du domaine de la lutte ».
   
Conséquence de cette évolution : alors qu’avant les gens se satisfaisaient d’une vie de couple simple reproduisant les schémas passés, ils sont à présent inconsciemment réduits à une insatisfaction permanente perpétuellement stimulée par la société libérale, les condamnant à la solitude et à une frustration toujours croissante. Les femmes sont condamnées à plaire et à séduire, et ne sont plus capables de supporter le vieillissement de leur corps, signifiant leur élimination progressive du « domaine de la lutte ». Elles sombrent irrémédiablement dans la dépression. Quant aux hommes, rongés par le désir, incapables pour la plupart de satisfaire leur soif de jeunes corps féminins, ils se tournent honteux vers les prostituées et finissent eux aussi seuls et désespérés.

« Augmenter les désirs jusqu’à l’insoutenable tout en rendant leur réalisation de plus en plus inaccessible, tel était le principe unique sur lequel reposait la société occidentale »

   
 Une sorte de chute dans l’animalité, tel est selon Houellebecq le processus à l’œuvre de nos jours. Mais il s’agit d’une chute « civilisée », accompagnant le progrès technique et matériel. Les héros de ses romans, lucides sur cette situation, ne sont pas pour autant capables de s’en extraire. Ce qui se passe est une fatalité, et c’est la société dans son ensemble qui devient peu à peu une sorte de jungle condamnée à l’autodestruction, voire à la guerre civile.

 

 


« Au fond on naît seul, on vit seul et on meurt seul ». (…) De telles dispositions d’esprit ne peuvent guère, à long terme, favoriser une sociabilité riche. La sociabilité avait fait son temps, elle avait joué son rôle historique ; elle avait été indispensable dans les premiers temps de l’apparition de l’intelligence humaine, mais elle n’était plus aujourd’hui qu’un vestige inutile et encombrant. »

Michel Houellebecq, La possibilité d’une île, Fayard

 

~

 


 Ma vie, ma vie, ma très ancienne
 Mon premier voeu mal refermé
 Mon premier amour infirmé,
 Il a fallu que tu reviennes.

 Il a fallu que je connaisse
 Ce que la vie a de meilleur,
 Quand deux corps jouent de leur bonheur
 Et sans fin s'unissent et renaissent.

 Entré en dépendance entière,
 Je sais le tremblement de l'être
 L'hésitation à disparaître,
 Le soleil qui frappe en lisière

 Et l'amour, où tout est facile,
 Où tout est donné dans l'instant ;
 Il existe au milieu du temps
 La possibilité d'une île.


 Michel Houellebecq, la possibilité d'une île, Fayard.


30/11/2013 18:41 par primumviveredeindephilosophari


30/11/2013 11:05 par primumviveredeindephilosophari

  
I Got (La Chanson du Dimanche S03E06) par lachansondudimanche


29/11/2013 22:31 par primumviveredeindephilosophari