16/01/2014 18:51 par primumviveredeindephilosophari

 

Vêtue de voiles noirs,

Elle pense que le monde est bien petit

Et le coeur immense

Vêtue de voiles noirs.

Elle pense que le tendre soupir,

Le cri, disparaissent

Au fil du vent.

Vêtue de voiles noirs.

Elle avait laissé sa fenêtre ouverte

Et à l'aube par la fenêtre

Tout le ciel a débouché.

Ah!

Vêtue de voiles noirs !

 

 

~

 

 

Vestida con mantos negros.

Piensa que el mundo es chiquito

Y el corazon es inmenso.

Vestida con mantos negros

Piensa que el suspiro tierno

Y el grito, desaparecen

En la corriente del viento.

Vestida con mantos negros

Se dejo el balcon abierto

Y al alba por el balcon

Desemboco todo el cielo.

Ay    ayayayay,

Que vestida con mantos negros!

 

 

 

Federico Garcia Lorca, La solea.

 


16/01/2014 18:37 par primumviveredeindephilosophari

  • 16/01/2014 18:37 par primumviveredeindephilosophari

Pablo Picasso, woman with spanish dress, 1917.
 


09/01/2014 19:18 par primumviveredeindephilosophari

  • 09/01/2014 19:18 par primumviveredeindephilosophari


09/01/2014 19:17 par primumviveredeindephilosophari

 

Mon Dieu, faites que celle qui pourra être ma femme

Soit humble et douce et devienne ma tendre amie;

Que nous nous endormions en nous tenant la main;

Qu'elle porte au cou, un peu cachée entre les seins,

Une chaîne d'argent qui a une médaille;

Que sa chair soit plus lisse et plus tiède et dorée

Que la prune qui dort au déclin de l'été;

Qu'elle garde en son coeur la douce chasteté

Qui fait qu'en enlaçant on sourit et se tait;

Qu'elle devienne forte et sur mon âme veille

Comme sur le sommeil d'une fleur une abeille;

Et que le jour où je mourrai elle me ferme les yeux,

Et ne me donne point d'autre prière que de s'agenouiller,

Les doigts joints sur ma couche,

Avec ce gonflement de douleur qui étouffe.

 

 

Francis Jammes, Prière pour avoir une femme simple.


09/01/2014 19:05 par primumviveredeindephilosophari

  • 09/01/2014 19:05 par primumviveredeindephilosophari


09/01/2014 19:05 par primumviveredeindephilosophari

 

Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance;

Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé,

Elle élève le coeur et calme la souffrance,

Comme un esprit des cieux sur la terre exilé.

 

Courbé par le travail ou par la destinée,

L'homme à sa voix s'élève et son front s'eclaircit;

Toujours impatient dans sa course bornée,

Un sourire le dompte et son coeur s'adoucit.

 

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine:

Bien longtemps à l'attendre il faut se résigner.

Mais qui n'aimerait pas, dans sa grâce sereine,

La beauté qui la donne ou qui la fait gagner?

 

 

Gérard de Nerval, Une femme est l'amour. 


09/01/2014 18:55 par primumviveredeindephilosophari

  • 09/01/2014 18:55 par primumviveredeindephilosophari


05/01/2014 12:04 par primumviveredeindephilosophari

  • 05/01/2014 12:04 par primumviveredeindephilosophari


05/01/2014 12:03 par primumviveredeindephilosophari


05/01/2014 12:02 par primumviveredeindephilosophari

 

XXXI

 

Mon coeur, oiseau du désert, a trouvé son ciel dans tes yeux.

Ils sont le berceau du matin, ils sont le royaume des étoiles.

Leur abîme engloutit mes chants.

Dans ce ciel immense et solitaire laisse-moi planer.

Laisse-moi fendre ses nuages et deployer mes ailes dans son soleil.

 

 

Rabindranath Tagore, Le jardinier d'amour, Extrait.