15/02/2014 11:28 par primumviveredeindephilosophari

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15/02/2014 11:27 par primumviveredeindephilosophari

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15/02/2014 11:26 par primumviveredeindephilosophari

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15/02/2014 11:25 par primumviveredeindephilosophari

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15/02/2014 11:22 par primumviveredeindephilosophari

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15/02/2014 11:21 par primumviveredeindephilosophari

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09/02/2014 11:52 par primumviveredeindephilosophari

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Edvard Munch, Madonna, 1894-1895.


09/02/2014 11:51 par primumviveredeindephilosophari

 

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.

Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant

Et de baiser sur cette bouche la naissance

De la voix qui m'est chère?

 

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués

En étreignant ton ombre

A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas

Au contour de ton corps, peut-être.

Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante

Et me gouverne depuis des jours et des années,

Je deviendrais une ombre sans doute.

O balances sentimentales.

 

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps

Sans doute que je m'éveille.

Je dors debout, le corps exposé

A toutes les apparences de la vie

Et de l'amour et toi, la seule

Qui compte aujourd'hui pour moi,

Je pourrais moins toucher ton front

Et tes lèvres que les premières lèvres

Et le premier front venu.

 

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé

Couché avec ton fantôme

Qu'il ne me reste plus peut-être,

Et pourtant, qu'a être fantôme

Parmi les fantômes et plus ombre

Cent fois que l'ombre qui se promène

Et se promènera allègrement

Sur le cadran solaire de ta vie.

 

 

 

Robert Desnos, Corps et biens, J'ai tant rêvé de toi.   


08/02/2014 11:50 par primumviveredeindephilosophari

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