03/05/2014 22:32 par primumviveredeindephilosophari

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03/05/2014 22:31 par primumviveredeindephilosophari

 

Ne le dites à personne, sinon aux sages

Car la foule se moque tout de suite:

Je veux célebrer le Vivant

Qui aspire à la mort par la flamme.

 

Dans la fraîche sérénité des nuits d'amour

Qui t'engendra, où tu engendras,

Te gagne une étrange contagion

Quand brille la bougie silencieuse.

 

Tu ne restes plus prisonnier

Dans l'ombre des ténèbres,

Et un désir neuf t'arrache

Vers une plus haute union.

 

Nulle distance ne peut te décourager,

Tu arrives en volant, fasciné,

Et enfin, amoureux de la lumière,

Tu es, papillon, consumé.

 

Et tant que tu ne détiens pas

Ce: Meurs et  deviens!

Tu n'es qu'un hôte obscur

Sur cette terre ténébreuse.

 

 

 

Johann Wolfgang von Goethe, Divan occidental oriental, Livre du chanteur, Nostalgie bienheureuse.

 

 


03/05/2014 13:32 par primumviveredeindephilosophari

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03/05/2014 13:31 par primumviveredeindephilosophari

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03/05/2014 13:29 par primumviveredeindephilosophari

 

La vie humaine n'est qu'un songe; c'est ce que beaucoup ont pensé et cette idée ne cesse de me poursuivre. Quand je considère les étroites limites dans lesquelles sont considérées les facultés actives et intellectuelles de l'homme; quand je vois que tous leurs efforts s'épuisent à satisfaire des besoins, qui n'ont d'autres buts que de prolonger notre malheureuse existence; que toute notre tranquillité, sur certains points de la science, n'est qu'une résignation fondée sur des rêves, produite par cette illusion qui couvre les murs de notre prison de peintures variées et de perspectives lumineuses; tout cela rend muet, mon ami; je rentre en moi-même, et j'y trouve un monde! mais un monde fantastique, crée par des pressentiments, de sombres désirs et qui n'a aucune vivante action. Couvert d'un nuage épais, tout nage, tout flotte devant moi, et je m'enfonce en souriant dans ce chaos de rêves.

Gouverneurs, pédagogues, instituteurs, tous sont d'accord que les enfants ne savent pas ce qu'ils veulent. Mais que nous autres, grands enfants, parcourons ce globe en chancelant, sans savoir d'où nous venons, où nous allons; que comme les petits, nous agissons sans but; que comme eux, nous nous laissons mener par des gâteaux, des bonbons et la verge, c'est ce que personne ne veut croire volontiers, et à mon avis cependant cela crève les yeux.

Au reste, je t'accorde bien volontiers (car je sais ce que tu vas me répondre) que ceux-là sont les plus heureux qui, comme les enfants, vivent au jour la journée, traînent leur poupée çà et là, l'habillent, la déshabillent, passent et repassent avec grand respect devant le tiroir où la maman tient les sucreries, et quand elle leur en donne, les dévorent avec avidité et se mettent à crier: encore, encore! Oui, voilà de fortunées créatures! Heureux aussi ceux qui donnent un titre imposant à leurs futiles occupations ou même à leurs passions, pour les présenter au genre humain comme des oeuvres de géant, entreprises pour son salut et sa prospérité. Encore une fois, grand bien leur fasse, à eux et à qui peut penser comme eux.

Mais celui qui dans son humilité reconnaît le néant où toutes ces vanités doivent aboutir; celui qui voit le bourgeois aisé arranger son petit jardin comme un paradis; qui voit le malheureux sous le fardeau qui l'accable, se traîner sur le chemin sans se rebuter; et tous ceux enfin également interessés à contempler une minute de plus la lumière du soleil; celui-là, dis-je, est tranquille, il crée son univers en lui-même, il est aussi heureux d'être homme. Quelque limité que soit son pouvoir, il entretient toujours dans son coeur le doux sentiment de la liberté; il sait qu'il peut quitter cette prison quand il lui plaira.

 

 

 

Johann Wolfgang von Goethe, Les souffrances du jeune Werther, Extrait.


03/05/2014 12:56 par primumviveredeindephilosophari

  • 03/05/2014 12:56 par primumviveredeindephilosophari

Michel-Ange.


01/05/2014 13:05 par primumviveredeindephilosophari

 

Quand on se mêle de vouloir réformer autrui, de lui faire la morale, de lui donner des conseils, de lui prouver qu'il lui faudrait vivre différemment, c'est d'une part qu'on poursuit une volonté de puissance, et d'autre part, qu'on ne se connaît pas, qu'on ne soupçonne rien de l'immense travail qu'on devrait accomplir en soi-même.

 

 

 

Charles Juliet, Journal, II : Traversée de nuit (1965-1968), Extrait.